Aucun message portant le libellé 1854. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé 1854. Afficher tous les messages

vendredi 7 décembre 2007

Le Poème de l'Âme [18]


Le Poème de l'Âme [18] - Réalité (circa 1854), de Louis Janmot


"Il prend du temps à le réaliser, mais finalement la "Réalité" le rattrape.

Il est seul. Seul sur la Sépulture de son Amour, la putréfaction opérant déjà sous ses pieds, détruisant lentement ce qu'il a chéri toute sa Vie. Les fleurs coupées qui décorent la croix de bois recèlent plus de vie que son Évangeline défunte. Rien ne peut le consoler; c'est un sacrilège de même considérer la chose. L'étendue magistrale de la Nature, toutes ses vallées fertiles, toutes ses montagnes sacrées, ne sont là que pour lui rappeler que désormais le Royaume Corporel est vide, cruellement amputé de ce qui lui donnait un sens. L'Âme Soeur qu'on lui avait offert lui a été enlevé de façon toute aussi irréfléchie.

La Poésie, l'étincelle de Dieu, s'éteint. Son Âme est morte. Il attend sa propre mort.

Le Cycle est complet. Je suis triste (ou épuisée? ou n'est-ce pas la même chose finalement?). Monsieur Janmot, comme j'aurais aimé en parler avec vous... voir ce que ça voulait dire pour vous, qu'elles étaient vos idées originales et ce que vous en pensiez une fois la 18ème toile complétée. Aviez-vous envisagé la suite, ou était-ce vraiment la fin de ce jeune homme que j'ai appelé 'Pierre'?

Note: essayer de me documenter là-dessus; fouiller les bibliothèques avec Philippe quand je le pourrai. Pas parce que ce sujet là a une importance cruciale, mais parce qu'aujourd'hui je m'y suis investi, et que des recherches subséquentes viendront établir un pont fertile entre Aujourd'hui et tous ces nombreux et différents moments futurs.

Je continue. Je sors du Cycle."



--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

lundi 26 novembre 2007

Le Poème de l'Âme [17]


Le Poème de l'Âme [17] -L'Idéal (circa 1854), de Louis Janmot


"Mais vivre c'est être surpris; épris de "L'Idéal", survolant le Gouffre, Pierre ne remarque pas que sa Bien Aimée le quitte, séparant les nuages et le regardant une dernière fois avant de se séparer de lui pour toujours.

On ne sait pas ce qui s'est passé, et quelle importance dans le fond? Elle meurt, les détails morbides ne sont qu'autant d'anecdotes sans signification.

Et puis peut-être que la Séparation est métaphorique. Peut-être qu'Évangeline ne le quitte que pour un autre. Le résultat est le même. L'amour de Pierre est morte."



--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

lundi 19 novembre 2007

Le Poème de l'Âme [16]


Le Poème de l'Âme [16] - Le Vol de l'Âme (1854), de Louis Janmot


"La Félicité est atteinte; l'Amour se fait Alchimie, transfigurant un simple baiser en Mariage, leurs simples vêtements en toges nuptiales. Des mortels qui subreticement en arrive au "Vol de l'Âme". Tout est oublié sauf les yeux de l'Autre. L'Extase va de soi. Ils seraient surpris du contraire."


--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

vendredi 16 novembre 2007

Le Poème de l'Âme [15]


Le Poème de l'Âme [15] - Un Soir (c. 1854), de Louis Janmot


"Le "Soir" les accueille au sommet. L'Univers est à leurs pieds. Ils n'ont besoin que l'un de l'autre. Ni Dieu, ni leurs parents, n'ont désormais quoi que ce soit à leur offrir. Ils sont fiancés depuis toujours; aujourd'hui la Promesse se métamorphose en réalité tangible.

Il regarde vers le bas; elle regarde vers le haut; à eux deux ils englobent l'Univers.

Ils surplombent l'horizon; ils surplombent leur Vie, passée, présente, et à venir. Ils sont exaltés et confiants, sérieux et sereins, en sachant assez sur la vie pour se croire Bénis des Dieux."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mercredi 14 novembre 2007

Le Poème de l'Âme [14]


Le Poème de l'Âme [14] -Sur la Montagne (c. 1854), de Louis Janmot


"Dès qu'ils le peuvent, ils échappent à la Communauté et vont se percher "Sur la Montagne", là où il est possible de courtiser l'Infini sous toutes ses formes, le soleil se couchant sur eux, tous deux un peu craintifs à cause de la nuit qui vient, Pierre se faisant téméraire pour convaincre Évangeline. C'est un grand jour; ils le sentent et précédemment l'ont pressentis. Ils avaient le coeur à la Fête; ils ont maintenant l'Âme à la Consécration."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mardi 13 novembre 2007

Le Poème de l'Âme [13]


Le Poème de l'Âme [13] - Rayons du Soleil (c. 1854), de Louis Janmot


"À cet âge, de toute façon, on ne fait peut-être pas la différence entre une lumière divine et les "Rayons du Soleil".

Ils dansent, enchantés par la ronde de l'amitié, une farandole exquise où Pierre peut contempler les différentes facettes de la Femme chez Évangeline et ses amies. Les jeunes filles se substituent aux anges. Le jeu est séduisant, titillant, mais jamais il n'en aimera une autre. Ce n'est que pour approfondir les déliements de son Amour pour elle qu'il s'attarde à la douce main de celle-ci, à la démarche langoureuse de celle-là, à la gravité illusoire de cette dernière.

Il n'en veut qu'une seule, et il l'a déjà, et elle l'a déjà, et ils le savent."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mardi 6 novembre 2007

Le Poème de l'Âme [11]


Le Poème de l'Âme [11] - Virginitas (c. 1854), de Louis Janmot


"C'est que --- n'en déplaise à leurs Aînés --- ils sont encore empreints de "Virginitas". En effet (et c'est dans l'ordre des choses) on se souci d'eux et on les prévient bien avant qu'ils aient songé ou même conçu du Péché. Seuls ensemble, loin du Monde, ils s'aiment et c'est tout. La Nature est pour eux le berceau qui appaise cette angoisse existentielle que leur inocule la Religion. Dans ce quasi-paradis bucolique, leur robe est immaculée et les fauves dorment à leurs pieds. Mais ce Fauve... est-ce le petit chat du "Grain de Blé" qui a grandit?"

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mardi 30 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [09]


Le Poème de l'Âme [09] - Le Grain de Blé (1854), de Louis Janmot


"Ironiquement, c'est à un des représentants de cette Puissance Stérile que l'on confie le soin de déformer la Spiritualité innée de nos deux protagonistes, un séduisant jeune homme, radiant de bonté, charismatique, calme (inspirant même la confiance aux animaux, ici un petit chien qui roupille derrière lui), leur expliquant la fertilité de l'Univers par l'intermédiaire d'un "Grain de Blé".

Ils sont à l'âge de se faire conseiller, instruire et --- ultimement --- encadrer par une de ces Créatures Toutes-de-Noir-Vêtues."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

lundi 22 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [08]


Le Poème de l'Âme [08] - Cauchemar (1854), de Louis Janmot


"L'Inquiétude s'est installée dans l'Âme de Pierre, et désormais peut bourgeonner en un "Cauchemar" terrifiant; c'est paradoxalement dans le Rêve qu'il finit par pleinement comprendre la Peur, cette réalisation omnipotente de la Mortalité, la sienne et celle de son Âme Soeur, Évangeline, inerte dans l'étreinte fatale d'une horrible vieille mégère qui le poursuit dans la froide et angulaire stérélité de la Religion."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

samedi 20 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [07]


Le Poème de l'Âme [07] - Le Mauvais Sentier (1854), de Louis Janmot


"Mais à scruter la Nuit on finit par percevoir des Spectres; à s'entêter dans l'Enfance on finit par atteindre l'Âge de Raison et par quitter la Famille pour se retrouver un jour sur "Le Mauvais Sentier", ne sachant pas exactement si on rêve ou si c'est vrai; Évangeline et Pierre se supportent et tentent de se rassurer (mais si c'est un rêve, qui est-ce qui rêve et qui est-ce qui est le Songe?), s'empressant de gravir cet escalier inquiétante, avec à leur gauche une nature hostile et à leur droite la rigueur mortifère de l'Architecture Humaine, des instituteurs et des précepteurs et des abbés et des percepteurs à n'en plus finir, qui sortent de leurs stèles (ou est-ce leurs tombes?) pour les conseiller, les éduquer, les discipliner, les gronder, les punir, les former, les enseigner, les civiliser, les pacifier, les calmer, les maîtriser, toutes ces abominables Institutions où on nous lance alors qu'on est le plus vulnérable, le plus malléable. Horreur. Mais en même temps je me vois là avec Philippe, et je sais que ça serait glorieux de monter ces escaliers avec lui, question de rire à la barbe de ces cadavres sur pattes."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

vendredi 19 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [06]


Le Poème de l'Âme [06] - Le Toit Paternel (1854), de Louis Janmot


"Une enfance protégée sous "Le Toit Paternal", les yeux rivés sur tout ce qui se rapproche de l'Infini auquel on a été arraché, ce Désir qui nous fait regarder la Nuit, côte à côte devant la fenêtre, la chaleur familiale dans le dos, ces adultes qui préfèrent être assis loin de la fenêtre, le visage non pas éclairé par la lune mais par une lampe; il y a le Père, sévère, majestueux et retiré (on le soupçonne d'être un autoportrait de Janmot), qui surveille sa famille, son chien à ses pieds; la Mère qui s'abîme les yeux et dissipe sa pensée dans une romance quelconque; la Fille aînée qui s'affaire à ses ongles, voulant se faire belle pour son fiancé; la fille cadette qui rêvasse, incapable de travailler à sa couture quand son cœur est si plein d'amour pour le Jeune Homme qu'elle convoite dans le secret; et puis, presque invisible, tout près des enfants (et de leurs préoccupations), la Mère-Grand rabougrie qui savoure la rarification de ses secondes en s'affairant à son tricot. J'aurais envie d'y être, pouvoir faire partie de cette rassurante pénombre, mais en solitaire, loin de la lampe à l'huile et de ce qu'elle implique et sous-entend... être près de la Fenêtre, de la Vieilesse et de l'Enfance à la fois."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

jeudi 18 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [05]


Le Poème de l'Âme [05] - Souvenirs du Ciel (1854), de Louis Janmot


"Ensemble, leur Âmes se joignant pour créer l'Amour Parfait, nos deux protagonistes arrivent à toucher à certains "Souvenirs du Ciel", des visions communes où ils devinent la Possibilité de l'Élévation, le fond de Bonté en chacun, l'ayant d'abord vu chez des êtres angéliques. Évangeline et Pierre flottent au dessus du sol, tendant les bras vers une réalité distincte, antérieure et à venir tout à la fois. Même enfants, ils cherchent autre chose."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mercredi 17 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [04]


Le Poème de l'Âme [04] -Le Printemps (1854), de Louis Janmot


"C'est le "Printemps" de la Vie de l'Enfant (appelons le Pierre), les onctions du Paradis lui colle encore à la peau, et il batifole dans la Perfection Naturelle en compagnie d'une Enfant, son Âme Sœur (appelons la Évangeline), que l'Amour a unifié aussitôt qu'ils se sont rencontrés, Amour innocent mais ardent qui se fusionne si complètement à ces Êtres nouveaux, et qui pourrait dire s'ils sont sur Terre ou dans les Cieux?"

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mardi 16 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [03]


Le Poème de l'Âme [03] - L'Ange et la Mère (1854), de Louis Janmot


"Nous nous retrouvons ensuite avec "L'Ange et la Mère", rencontre sacrée où s'effectue l'investiture mortelle de l'enfant, événement d'une importance primordiale qui ne signifie pas la même chose pour personne: l'enfant maintenant corporel quitte les bras inhospitaliers de l'Ange de la Mission, pour se retrouver dans la douce chaleur d'un Amour Maternel qui n'a rien à envier à celui de Dieu; la Mère, elle, accueille enfin ce cadeau du ciel, promettant de protéger et de chérir cet enfant; l'ange sévère, lui, connaît les enjeux et froidement il prie pour l'âme nouvelle qui devra payer pour ses crimes pendant toute une vie. Le ciel est bleu, mystérieux, on devine l'été, tout juste avant la tombée de la nuit, avec la mince faucille lunaire."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

samedi 13 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [02]


Le Poème de l'Âme [02] - Le Passage des Âmes (1854), de Louis Janmot


"Le Périple est entamé par "Le Passage des Âmes", où un ange stoïque et impassible quitte la horde céleste pour traverser la Frontière qui sépare les Bénis des Damnés, tournant le dos à la Félicité et contournant la Souffrance, levant même le nez sur Prométhée qu'un Aigle est en train d'éventrer, encore une fois, éternellement, privilégiant sa Mission Divine par-dessus tout, c'est-à-dire le transport de l'Enfant vers le Monde Terrestre et Mortel.

C'est sublime et impitoyable; bien malgré moi mes yeux vont et reviennent sur le supplice de Prométhée. Comme l'ange de l'extrême gauche j'ai envie de perdre la vision."
--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

jeudi 11 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [01]



Le Poème de l'Âme [01] - Géneration Divine (1854), de Louis Janmot


"J'arrive ensuite au très intéressant "Poème de l'Âme" de Janmot, suite de nombreuses toiles qui semblent raconter la progression de l'âme d'un jeune homme et d'une jeune femme. Je m'arrête longtemps devant chacune des "étapes", essayant de bien comprendre ce que le peintre essayait de nous dire, dans chaque peinture individuelle mais aussi dans la progression de l'ensemble.

C'est par la "Génération Divine" que tout commence. L'enfant est central, au cœur de toute une légion symétrique de créatures angéliques qui cadrent (et encadrent, je suppose) les nouveaux parents qui (évoquant Joseph et Marie) lovent leur petite création enfantée, eux-mêmes épaulés par Dieu, figure autoritaire et paternelle, barbue, sévère comme un Lion. L'ensemble dégage une sérénité qui n'est cependant pas complètement agréable. C'est le barbu qui me regarde qui vient me déranger. Ça, et le fait que l'ange du bas, celui qui soutient l'espèce de ruban ou d’étendard, me ressemble assez."
--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

jeudi 17 mai 2007

Le Marcheur [#2]



La rencontre, ou Bonjour Monsieur Courbet (1854), de Gustave Courbet