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vendredi 19 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [06]


Le Poème de l'Âme [06] - Le Toit Paternel (1854), de Louis Janmot


"Une enfance protégée sous "Le Toit Paternal", les yeux rivés sur tout ce qui se rapproche de l'Infini auquel on a été arraché, ce Désir qui nous fait regarder la Nuit, côte à côte devant la fenêtre, la chaleur familiale dans le dos, ces adultes qui préfèrent être assis loin de la fenêtre, le visage non pas éclairé par la lune mais par une lampe; il y a le Père, sévère, majestueux et retiré (on le soupçonne d'être un autoportrait de Janmot), qui surveille sa famille, son chien à ses pieds; la Mère qui s'abîme les yeux et dissipe sa pensée dans une romance quelconque; la Fille aînée qui s'affaire à ses ongles, voulant se faire belle pour son fiancé; la fille cadette qui rêvasse, incapable de travailler à sa couture quand son cœur est si plein d'amour pour le Jeune Homme qu'elle convoite dans le secret; et puis, presque invisible, tout près des enfants (et de leurs préoccupations), la Mère-Grand rabougrie qui savoure la rarification de ses secondes en s'affairant à son tricot. J'aurais envie d'y être, pouvoir faire partie de cette rassurante pénombre, mais en solitaire, loin de la lampe à l'huile et de ce qu'elle implique et sous-entend... être près de la Fenêtre, de la Vieilesse et de l'Enfance à la fois."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mardi 16 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [03]


Le Poème de l'Âme [03] - L'Ange et la Mère (1854), de Louis Janmot


"Nous nous retrouvons ensuite avec "L'Ange et la Mère", rencontre sacrée où s'effectue l'investiture mortelle de l'enfant, événement d'une importance primordiale qui ne signifie pas la même chose pour personne: l'enfant maintenant corporel quitte les bras inhospitaliers de l'Ange de la Mission, pour se retrouver dans la douce chaleur d'un Amour Maternel qui n'a rien à envier à celui de Dieu; la Mère, elle, accueille enfin ce cadeau du ciel, promettant de protéger et de chérir cet enfant; l'ange sévère, lui, connaît les enjeux et froidement il prie pour l'âme nouvelle qui devra payer pour ses crimes pendant toute une vie. Le ciel est bleu, mystérieux, on devine l'été, tout juste avant la tombée de la nuit, avec la mince faucille lunaire."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

jeudi 11 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [01]



Le Poème de l'Âme [01] - Géneration Divine (1854), de Louis Janmot


"J'arrive ensuite au très intéressant "Poème de l'Âme" de Janmot, suite de nombreuses toiles qui semblent raconter la progression de l'âme d'un jeune homme et d'une jeune femme. Je m'arrête longtemps devant chacune des "étapes", essayant de bien comprendre ce que le peintre essayait de nous dire, dans chaque peinture individuelle mais aussi dans la progression de l'ensemble.

C'est par la "Génération Divine" que tout commence. L'enfant est central, au cœur de toute une légion symétrique de créatures angéliques qui cadrent (et encadrent, je suppose) les nouveaux parents qui (évoquant Joseph et Marie) lovent leur petite création enfantée, eux-mêmes épaulés par Dieu, figure autoritaire et paternelle, barbue, sévère comme un Lion. L'ensemble dégage une sérénité qui n'est cependant pas complètement agréable. C'est le barbu qui me regarde qui vient me déranger. Ça, et le fait que l'ange du bas, celui qui soutient l'espèce de ruban ou d’étendard, me ressemble assez."
--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9