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samedi 20 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [07]


Le Poème de l'Âme [07] - Le Mauvais Sentier (1854), de Louis Janmot


"Mais à scruter la Nuit on finit par percevoir des Spectres; à s'entêter dans l'Enfance on finit par atteindre l'Âge de Raison et par quitter la Famille pour se retrouver un jour sur "Le Mauvais Sentier", ne sachant pas exactement si on rêve ou si c'est vrai; Évangeline et Pierre se supportent et tentent de se rassurer (mais si c'est un rêve, qui est-ce qui rêve et qui est-ce qui est le Songe?), s'empressant de gravir cet escalier inquiétante, avec à leur gauche une nature hostile et à leur droite la rigueur mortifère de l'Architecture Humaine, des instituteurs et des précepteurs et des abbés et des percepteurs à n'en plus finir, qui sortent de leurs stèles (ou est-ce leurs tombes?) pour les conseiller, les éduquer, les discipliner, les gronder, les punir, les former, les enseigner, les civiliser, les pacifier, les calmer, les maîtriser, toutes ces abominables Institutions où on nous lance alors qu'on est le plus vulnérable, le plus malléable. Horreur. Mais en même temps je me vois là avec Philippe, et je sais que ça serait glorieux de monter ces escaliers avec lui, question de rire à la barbe de ces cadavres sur pattes."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

vendredi 19 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [06]


Le Poème de l'Âme [06] - Le Toit Paternel (1854), de Louis Janmot


"Une enfance protégée sous "Le Toit Paternal", les yeux rivés sur tout ce qui se rapproche de l'Infini auquel on a été arraché, ce Désir qui nous fait regarder la Nuit, côte à côte devant la fenêtre, la chaleur familiale dans le dos, ces adultes qui préfèrent être assis loin de la fenêtre, le visage non pas éclairé par la lune mais par une lampe; il y a le Père, sévère, majestueux et retiré (on le soupçonne d'être un autoportrait de Janmot), qui surveille sa famille, son chien à ses pieds; la Mère qui s'abîme les yeux et dissipe sa pensée dans une romance quelconque; la Fille aînée qui s'affaire à ses ongles, voulant se faire belle pour son fiancé; la fille cadette qui rêvasse, incapable de travailler à sa couture quand son cœur est si plein d'amour pour le Jeune Homme qu'elle convoite dans le secret; et puis, presque invisible, tout près des enfants (et de leurs préoccupations), la Mère-Grand rabougrie qui savoure la rarification de ses secondes en s'affairant à son tricot. J'aurais envie d'y être, pouvoir faire partie de cette rassurante pénombre, mais en solitaire, loin de la lampe à l'huile et de ce qu'elle implique et sous-entend... être près de la Fenêtre, de la Vieilesse et de l'Enfance à la fois."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

jeudi 18 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [05]


Le Poème de l'Âme [05] - Souvenirs du Ciel (1854), de Louis Janmot


"Ensemble, leur Âmes se joignant pour créer l'Amour Parfait, nos deux protagonistes arrivent à toucher à certains "Souvenirs du Ciel", des visions communes où ils devinent la Possibilité de l'Élévation, le fond de Bonté en chacun, l'ayant d'abord vu chez des êtres angéliques. Évangeline et Pierre flottent au dessus du sol, tendant les bras vers une réalité distincte, antérieure et à venir tout à la fois. Même enfants, ils cherchent autre chose."

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9

mercredi 17 octobre 2007

Le Poème de l'Âme [04]


Le Poème de l'Âme [04] -Le Printemps (1854), de Louis Janmot


"C'est le "Printemps" de la Vie de l'Enfant (appelons le Pierre), les onctions du Paradis lui colle encore à la peau, et il batifole dans la Perfection Naturelle en compagnie d'une Enfant, son Âme Sœur (appelons la Évangeline), que l'Amour a unifié aussitôt qu'ils se sont rencontrés, Amour innocent mais ardent qui se fusionne si complètement à ces Êtres nouveaux, et qui pourrait dire s'ils sont sur Terre ou dans les Cieux?"

--- Tiré de Marla & Philippe, Chapitre 9